Histoire mondiale de ton âme

Histoire mondiale de ton âme est le titre générique d’un grand ensemble dramatique en devenir, composé de séries de 9 « plateaux » de 30 minutes, en trois mouvements, pour trois interprètes.

À l’inverse de certains shows contemporains — versions postmodernes des « zoos humains » du XIXe siècle — dont les acteurs téléréels s’exténuent à convaincre qu’étant suprêmement de leur temps ils sont indispensables à leur époque, ce vivarium théâtral expose une collection de présences intranquilles, hantées par l’inconsistance, la superfluité et l’oubli.

« Loin, loin de toi se déroule l’histoire mondiale…
l’histoire mondiale de ton âme » Franz Kafka

Peut-être s’agit-il ici de faire fuir tout système, en optant pour une dramaturgie instable, dont l’auteur revendique l’irrégularité foncière : faire fuir, ou déjouer les logiques formelles ; passer ex abrupto d’un registre à l’autre ; suspendre l’action en cours ; crever le tuyau des résolutions narratives ; brouiller les pistes, cultiver l’incertitude : superposition de scénarios contradictoires, jeux de reflets et miroirs déformants, incohérences ostensibles, coq-à-l’âne, changements d’adresses intempestifs…

Tracer la ligne, les lignes incertaines d’un rapport au monde hésitant, tant fantasmatique que réel, velléitaire, dubitatif, incohérent, erratique, cafouilleux…

HAM (avec angoisse) — Mais qu’est-ce qui se passe, qu’est-ce qui se passe ?
CLOV. — Quelque chose suit son cours.
Samuel Beckett – Fin de partie

 

Crédit photos: Dorothée Thébert