Quand on parle du Loup…

Une fois n’est pas coutume, Nino D’Introna décide de revisiter l’un des contes les plus mythiques : Le Petit Chaperon rouge. En opérant ce retour aux sources, le metteur en scène entend explorer en toute liberté les thèmes fondateurs de l’enfance que sont la peur du prédateur, la traversée des bois où s’estompent les repères et la crainte d’être dévoré.

Pour ce faire, l’artiste ne privilégie ni la version de Charles Perrault, ni celle des frères Grimm, mais choisit de déstructurer cette histoire connue de tous, afin d’en interroger tous les sens, du plus ancien au plus caché.

Comme toujours chez Nino D’Introna, les images symboliques qui habitent la scène nourrissent l’imaginaire du spectateur. Cette fois, pour exprimer l’essence même du conte, il évide le plateau, trace une route dont les abords palpitent de danger et d’espoir. Tout au long de ce voyage initiatique ponctué de quelques bribes de texte, la musique et les lumières jouent un rôle primordial. Tout comme les objets qui traversent l’espace et les touches de vidéo qui avivent l’émotion.

Avec cette création, Nino D’Introna affirme son attachement au théâtre intergénérationnel. Il signe une œuvre exigeante à la portée universelle.

Comédiens: Maxime Cella, Angélique Heller, Hélène Pierre.

Quand on parle du Loup… La presse

 

« Une mise en scène de Nino d’Introna, c’est avant tout une succession d’images, qui se construisent et se déconstruisent devant le spectateur, pour laisser place à une autre, et ainsi de suite : le tout devenant le  fil conducteur d’une histoire racontée. C’est la raison principale pour laquelle nous aimons ses spectacles. Il pratique un théâtre magnifiquement visuel, de création en création plus épuré.
Le classicisme du conte, aussi immuable qu’universel, s’exprime ainsi dans une forme à la fois jubilatoire, légère et émouvante qui fait mouche. » [Blog Solko-Roland Thévenet 16/04/2014]

 

Promenons-nous dans le conte
Avec « Quand on parle du loup », Nino D’Introna revisite le célèbre conte du Petit Chaperon rouge, avec bonheur. Le metteur en scène s’est nourri des deux sources pour composer « son » Petit Chaperon rouge. Et c’est pour lui l’occasion de redire quelques-uns des messages qui lui tiennent à cœur : qu’il faut désobéir pour grandir, qu’il faut être aimé pour s’épanouir et être capable d’aimer à son tour. Du coup, au lieu de nous montrer une enfant figée à un moment de sa vie, comme il est de coutume, il brosse toute une trajectoire, de la prime enfance à l’adolescence, nous présentant par tableaux successifs les moments importants de l’entrée dans la vie. (…) Ces courtes scènes sont charmantes et fort évocatrices, pleines de tendresse.
Ce spectacle est sans doute un des plus réussis de Nino D’Introna. D’abord par ce qu’il raconte, par l’humour qu’il dégage (notamment dans les scènes d’ouverture et de fermeture du rideau, qui insistent sur la complicité qui unit la petite fille à sa grand-mère, chacune plus espiègle que l’autre). Ensuite par son esthétique. Le metteur en scène, il est vrai, nous a habitués à la beauté presque picturale de ses décors, à un style épuré où les alliances de couleurs et de formes ne sont pas laissées au hasard. Certaines trouvailles sont ici complètement magiques, comme ce rideau gris pailleté symbolisant la forêt et la nuit, dont la bouche à peine discernable inspire et respire comme s’il était vivant.La stylisation des moments où le loup avale la grand-mère puis la fillette est particulièrement réussie, évitant le ridicule du grand-guignol comme la fade édulcoration. Enfin, les comédiens sont parfaitement justes, particulièrement Hélène Pierre, qui passe d’un coup de baguette magique du rôle de la mère attentive et tendre à celui de la grand-mère brindezingue, où elle fait preuve d’un vrai talent de clown. En somme, un spectacle bourré de bonnes idées, drôle, impertinent et intelligent. » [Les Trois Coups -Trina Mounier 18/04/2014]

 

« Quand on parle du loup… » sous toutes ses coutures
« Lecteurs du Petit Chaperon rouge, vous vous demandez sûrement à quoi ressemble le ventre de la bête, vu de l’intérieur ? Filez voir « Quand on parle du loup… » au TNG et vous ne serez pas déçu. Adepte des textes contemporains, Nino D’Introna, metteur en scène, a eu envie d’évoquer ce conte. Le spectacle commence – et finit – comme un « cartoon » avec la petite (Angélique Heller, extra en gamine) et la grand-mère (Hélène Pierre, super en comique) qui livrent un récit imagé, presque burlesque, de leur aventure. Entre les deux, le directeur du TNG livre plusieurs variations de ce classique, autour d’un point central : le chemin, dangereux sentier entre deux maisons sécurisées, celles de la mère et de l’aïeul. Et cette variation se décline aussi musicalement, avec la chanson « My Way », égrenée dans diverses versions, de celle de Frank Sinatra à des rythmes rap. » [Le Progrès-I.B. 19/04/2014]

« COUPS DE COEUR

Théâtre Nouvelle Génération QUAND ON PARLE DU LOUP Mise en scène Nino D’Introna

Pour nous parler du loup Nino D’Introna, en équilibriste surdoué de la mise en scène, se joue de toutes les difficultés inhérentes au conte. Il fait preuve une fois encore d’ingéniosité et surtout d’originalité. Bien sûr tous connaissent « Le petit chaperon rouge » mille fois raconté, mais ce qui en fait la saveur c’était d’inventer une nouvelle forme et une grille de lecture où priment les images, la musique, les chorégraphies… Pour ce faire, en avant-scène, prises dans le faisceau de lumière d’une poursuite, le petit chaperon rouge et sa grand-mère nous narrent le début de l’histoire. Elles nous surprennent agréablement en exécutant pour notre plus grand plaisir un numéro digne du meilleur cartoon de Tex Avery. C’est à ce moment-là que Nino D’Introna en profite pour glisser adroitement au milieu de la conversation les deux versions opposées de Charles Perrault et des frères Grimm à propos du contenu du panier. Les rires fusent de toutes parts et le public conquis attend la suite avec impatience. Qu’à cela ne tienne ! L’image immense du loup qui plane sur l’assistance comme l’objet ancestral de toutes nos peurs, se profile alors derrière le rideau noir qui obstrue la scène. Tantôt il est poussé vers nous par la gueule du loup, tantôt il disparait comme aspirait dans le trou noir de nos angoisses. C’est alors que dans un décor épuré, presque japonisant à cause du dégradé de couleur allant du blanc au noir, le loup impérial apparait sur le chemin qui traverse une forêt plus imaginée que matérialisée par ses arbres. Chaque étape du conte recèle des merveilles de trouvailles de mise en scène comme : les inversions de rôles entre le chaperon rouge et sa grand-mère quand il s’agit de la marche du bébé ou de celle hésitante de la grand-mère impotente. Ou encore, quand le loup signe comme Zoro du bout de ses crocs, ses funestes exploits avec le changement de sa tête sur celui de la grand-mère. Petit clin d’oeil au passage à Chaplin, quand la grand-mère se met à marcher comme Charlot. Les références aux personnages des autres contes sont aussi nombreuses, par exemples : quand le loup les élimine un à un avec son club de golf. Comme si cela ne suffisait pas pour nous montrer sa maitrise du sujet, le facétieux metteur en scène innove en utilisant les chansons de Franck Sinatra (My Way) pour accompagner soit les absences de mots dans le conte, soit pour renforcer les images intergénérationnelles. Si le loup se drape à la fin dans la cape noire de la mort après avoir accompli ses forfaits c’est pour nous montrer combien cette peur viscérale chez l’être est nécessaire et inéluctable dans la vie. Un spectacle innovant, très réussi, esthétiquement beau, à la mise en scène burlesque, géniale et innovante, une musique et des chansons de circonstances, et un trio de comédiens épatants qui occupent la scène avec maestria. » (OUEST LYON/ECHO L’Actualité Théâtrale de Gérard SERIE – mars 2014)

 

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